Tu boucles ton devis, tout est clair, le client dit oui. Et là, une petite voix : « et si je demandais une avance avant de commencer ? ». Puis une autre, plus forte : « non, il va me trouver gonflé, il va aller voir ailleurs ». Alors tu ne demandes rien. Tu bloques ton agenda, tu achètes le matériel, tu commences. Deux semaines plus tard, le client disparaît, ou paie avec trois mois de retard, ou annule la veille.
L’acompte, ce n’est pas un caprice de gros prestataire. C’est exactement l’outil qui t’évite ça. Et bien demandé, il rassure le client au lieu de le faire fuir.
Un acompte, ça sert à quoi au juste ?
Un acompte, c’est une partie du prix que le client te verse avant que tu commences, le reste étant payé plus tard (souvent à la livraison). Ce n’est pas de l’argent en plus : c’est ton prix, coupé en deux moments.
Il te sert trois choses d’un coup. Il te fait rentrer de la trésorerie tout de suite, au lieu d’avancer le matériel et le temps de ta poche. Il engage le client : quelqu’un qui a payé 30 % réfléchit à deux fois avant de te poser un lapin. Et il filtre les gens sérieux des curieux : celui qui refuse de verser le moindre euro avant de commencer est souvent celui qui ne t’aurait jamais payé à la fin.
Acompte ou arrhes : le mot que tu écris change tout
Voilà le point que presque personne ne connaît, et qui peut te coûter cher. En droit français, « acompte » et « arrhes » ne veulent pas dire la même chose, même si les deux sont des sommes versées à l’avance.
- L’acompte engage fermement les deux parties. Le client s’est engagé à acheter, toi à livrer. Personne ne peut se rétracter librement : si le client annule, il reste tenu de payer, et peut même te devoir des dommages et intérêts. Toi, tu dois exécuter la prestation.
- Les arrhes laissent une porte de sortie aux deux. Le client peut renoncer en abandonnant la somme versée. Et si c’est toi qui te désistes, tu dois lui rendre le double. C’est l’article 1590 du Code civil.
Le piège : quand tu vends à un particulier, si ton devis ne précise rien, la loi considère par défaut que la somme versée est des arrhes, pas un acompte. Autrement dit, sans le mot juste, ton client garde le droit d’annuler en perdant juste son avance, et toi tu restes exposé. Si tu veux un engagement ferme, écris noir sur blanc le mot « acompte » sur ton devis et dans tes conditions de vente.
Cette règle par défaut vaut pour la vente et les prestations à un particulier (source : service-public.fr, article 1590 du Code civil). Entre professionnels, ou dans un contrat particulier, ça peut se jouer autrement. Pour ta situation précise et la rédaction de tes conditions, un comptable ou un juriste reste le bon interlocuteur.
Combien demander : 30, 40 ou 50 % ?
Il n’existe aucun pourcentage imposé par la loi. Tu fixes ce que tu veux, tant que c’est écrit clairement sur le devis avant la signature.
Dans les faits, la plupart des indépendants tournent autour de 30 %, et c’est un bon repère de départ. La logique tient en une idée : plus le risque est fort pour toi, plus l’acompte monte. En pratique, on voit souvent :
- Petits projets (sous 1 000 €) : jusqu’à 40 ou 50 %, parce qu’un petit montant se fait plus facilement lâcher par un client qui change d’avis.
- Projets moyens : 30 à 40 %, de quoi couvrir ta phase de démarrage et ton matériel.
- Longues missions : un acompte au début, puis des paiements par étapes plutôt qu’un seul solde à la fin.
Le vrai principe : ton acompte doit au minimum couvrir ce que tu débourses et le temps que tu bloques avant d’être payé. En dessous, c’est toi qui fais crédit.
Comment le formuler sans braquer personne
La peur de « faire fuir » vient presque toujours de la façon de demander, pas de la demande elle-même. Un acompte présenté comme une faveur qu’on quémande met le client mal à l’aise. Présenté comme ta façon normale de travailler, il rassure.
Trois réflexes qui changent tout :
- Ne t’excuse pas. « Je démarre le travail à réception de l’acompte de 30 % » passe mieux que « est-ce que ça vous dérangerait de peut-être verser une petite avance ». Tu énonces ton fonctionnement, tu ne demandes pas la permission.
- Écris-le avant de le dire. Quand l’acompte figure déjà sur le devis et dans tes conditions, ce n’est plus une négociation, c’est la règle du jeu que le client accepte en signant. Personne ne se sent piégé par une ligne qu’il a lue et validée.
- Montre ce que ça sécurise pour lui aussi. L’acompte réserve son créneau, verrouille son prix, lance sa commande. Ce n’est pas toi contre lui : c’est un engagement mutuel qui protège les deux.
Un client sérieux trouve un acompte normal. Celui qui se braque à l’idée de verser le moindre euro t’envoie surtout un signal : c’est précisément celui qui risquait de ne jamais payer.
Ce qu’un acompte t’évite vraiment
Fais le compte de ce que tu perds sans acompte. La séance annulée la veille alors que tu avais refusé un autre client sur le créneau. Le matériel commandé pour un chantier qui ne se fait pas. La facture finale que tu relances trois fois avant d’être payé, parfois jamais. Le client qui « réfléchit encore » pendant que ton agenda reste bloqué pour lui.
L’acompte transforme un « oui » de politesse en engagement réel. Il ne garantit pas tout, mais il fait le tri au bon moment : avant que tu aies dépensé ton temps et ton argent, pas après.
Avec Offlink, l’acompte et le paiement tiennent en un lien
Le vrai frein, souvent, ce n’est pas de demander l’acompte : c’est de l’encaisser sans galère. Envoyer un relevé de compte, attendre le virement, vérifier qu’il est bien arrivé avant de commencer, tout ça à la main, ça décourage vite.
Sur Offlink, tu prépares ton devis, tu y mets un acompte (le pourcentage que tu choisis), et le client règle en ligne en un lien, par carte, au moment où il accepte. L’argent part directement sur ton compte. Tu vois tout de suite que c’est payé, et tu démarres l’esprit tranquille. Le solde suit le même chemin plus tard. Pas de logiciel de paiement à côté, pas de code à recopier : le devis, l’acompte, la facture et l’encaissement vivent au même endroit.
Tu règles tes échéances une fois, et elles se pré-remplissent dans tous tes devis :
Définis tes échéances, par exemple 30 % à la commande et 70 % à la réception. Elles se pré-remplissent dans tes nouveaux devis.
Et pour la partie qui fait peur (relancer un client qui traîne sur le solde), tu peux laisser Offlink s’en charger à ta place, poliment, sans que tu aies à écrire le message gênant. Le détail est sur la page Encaisser et sur Se faire payer.
Tu fais crédit, ou tu te fais payer ?
Travailler sans acompte, c’est faire une avance de trésorerie à chaque client, en pariant qu’il paiera à la fin. Parfois ça passe. Le jour où ça casse, c’est ton temps et ton matériel qui partent en fumée, pas les siens.
Demander un acompte, ce n’est pas se méfier de tes clients. C’est arrêter de travailler gratuitement en attendant leur bon vouloir. La seule vraie question, c’est celle-ci : la prochaine fois qu’un client te dit oui, tu bloques ton agenda sur une promesse, ou sur un engagement ?
L’essentiel
- L’acompte te fait rentrer de la trésorerie avant de commencer, engage le client et fait le tri entre les sérieux et les curieux.
- « Acompte » et « arrhes » ne sont pas la même chose : sans le mot « acompte » écrit sur ton devis, une avance versée par un particulier est considérée par défaut comme des arrhes, et le client peut annuler en la perdant (article 1590 du Code civil, service-public.fr). Fais valider ta rédaction.
- Aucun pourcentage n’est imposé : 30 % est un bon repère, plus si le risque est fort. L’acompte doit au moins couvrir ce que tu avances.
- Formulé comme ta façon normale de travailler, et non comme une faveur, un acompte rassure le client sérieux.
- Sur Offlink, l’acompte se règle en ligne dans le devis, l’argent arrive sur ton compte, et les relances du solde peuvent partir toutes seules.