Il te reste des M et des L. Les S sont parties en trois jours, les XL n'ont jamais bougé. Tu voudrais accélérer sur ce qui traîne, sans toucher à ce qui part tout seul.
C'est le geste commercial le plus courant, et c'est celui qui est le plus mal outillé. La plupart des boutiques raisonnent par article : tu baisses le prix du modèle, donc tu le baisses pour toutes ses tailles et toutes ses couleurs. Autrement dit, tu offres une remise sur les pièces qui se vendaient très bien au plein tarif.
Deux choses rendent ce geste pénible
La première est de la saisie. Descendre au niveau de la déclinaison veut dire ouvrir chaque taille et chaque couleur, recopier l'ancien prix quelque part pour qu'il s'affiche barré, écrire le nouveau. Sur un modèle à quatre tailles et trois couleurs, ça fait douze fois le même geste, et il faut se souvenir lesquelles tu as touchées.
La seconde est plus sournoise : rien ne remet le prix en place. Un prix modifié à la main n'a pas de date de fin. Ta promo de printemps est encore là en juillet parce que personne ne t'a rien rappelé, et tu vends à petit prix un article dont tu ne te souvenais plus.
Le raccourci classique consiste alors à poser une réduction sur le panier plutôt que sur l'article. Ça évite la saisie, mais ça déplace le problème : la baisse n'apparaît qu'au moment de payer. Or c'est sur la fiche qu'un acheteur décide, pas à la caisse.
Pourcentage ou prix choisi ?
Les deux se défendent, et pas pour les mêmes articles.
Le pourcentage est fait pour les opérations : moins vingt pour cent, tu ne réfléchis pas, tu appliques. Il a un avantage qu'on remarque rarement : si tu changes ton prix de départ plus tard, il se recalcule tout seul.
Le prix choisi est fait pour la vitrine. 49,90 € moins vingt pour cent donne 39,92 €, et 39,92 € n'a jamais donné envie à personne. 39,99 €, si. Sur une pièce que tu mets en avant, ce détail se voit.
En pratique, tu veux les deux au même endroit : un pourcentage pour la base, et la main libre sur les deux ou trois pièces qui comptent.
Le prix barré n'est pas qu'un affichage
C'est le point que presque personne ne dit, et qui peut coûter cher : afficher un prix barré, c'est annoncer une réduction de prix au sens du code de la consommation. Le prix barré doit être le prix le plus bas que tu as pratiqué au cours des trente derniers jours.
Deux situations à surveiller. La première est celle que la loi vise : augmenter son prix juste avant de lancer sa promo. La seconde arrive à des gens parfaitement honnêtes : tu fais le Black Friday à moins trente pour cent en novembre, puis une opération de Noël quinze jours après. C'est ton prix Black Friday qui fait référence, pas ton prix habituel.
Bonne nouvelle en revanche si tu creuses une remise pendant une même opération datée (moins trente puis moins cinquante sur la même période) : le prix barré reste celui d'avant la première démarque, tu n'as pas à cascader.
La fiche pratique de la DGCCRF explique la règle en langage clair. Pour ton cas précis, ton comptable reste le bon interlocuteur.
Avec Offlink
Tu ouvres l'article, tu cliques sur Remise, et tout tient sur un écran.
Tu poses ton pourcentage. Chaque déclinaison affiche aussitôt son prix de départ et, juste à côté, le prix que tes clients paieront : tu vois le résultat avant d'enregistrer, pas en découvrant ta vitrine.
Tu décoches « Toutes les déclinaisons » et tu coches celles que tu veux. Le M et le L baissent, le S garde son prix. Sur les pièces où le pourcentage tombe mal, tu écris directement le prix que tu veux pratiquer, virgule comprise.
Tu choisis jusqu'à quand. Passé cette date, le plein tarif revient sans que tu y penses, sans rappel à te poser et sans ligne à corriger.
Et parce qu'une promo qu'on oublie coûte plus cher qu'une promo qu'on ne fait pas : dans ta liste d'articles, le plein tarif passe barré avec une pastille de remise. Tu vois d'un coup d'œil ce qui est en promo dans ton catalogue.
La vraie question
Ce n'est pas « est ce que je peux faire une promo », toutes les boutiques le permettent. C'est : qu'est ce qui se passe le jour où je l'oublie ?
Parce que tu vas l'oublier. Pas par négligence : entre deux commandes à préparer, un client à relancer et un colis à déposer, une remise posée en mars ne remonte pas toute seule à la surface en juillet. Elle continue simplement de s'appliquer, et tu la retrouves dans ta marge du mois.
C'est pour ça qu'une remise doit se poser en trente secondes sur exactement ce qui traîne, et s'éteindre toute seule. Si tu dois ouvrir douze déclinaisons pour la poser, puis t'en souvenir pour l'enlever, tu ne la feras pas. Et une remise que tu ne fais pas, c'est du stock qui reste.